10:00| | Prédications | Olivier Fatio et Emmanuel Rolland

Culte du 1er mars 2020 à Saint-Pierre

Prélude d’orgue : Bach-Widor Mémento : chœur final de la passion selon saint Matthieu

Le prélude d’orgue que nous venons d’entendre accompagne le dernier chœur de la Passion selon saint Matthieu de de Bach. Je lis les paroles de ce chœur qui me semblent si pertinentes en ce premier dimanche de carême et qui peuvent nous aider dans les turbulences que vit notre Eglise :

« Nous sommes assis en larmes et nous t’appelons dans ton tombeau : « Mon Jésus, Repose en paix, reposez-vous, membres sans vie, reposez-vous dans la paix bénéfique : Nos consciences angoissées trouveront dans ton tombeau un havre de réconfort et notre âme une retraite paisible ».

Introduction

L’événement qui devait avoir lieu hier dans ce temple et qui aura vraisemblablement lieu le 30 mai, a suscité des réactions diverses. Parmi vous, ce matin, il y a celles et ceux qui ont adhéré voire applaudi à l’invitation adressée aux catholiques-romains de célébrer une messe dans ces murs et y ont reconnu un geste justifié par des relations amicales, voire fraternelles, s’exprimant notamment dans le service commun des plus démunis, réfugiés, malades, prisonniers, ou dans la belle entreprise bientôt cinquantenaire de l’AOT. Pour ceux qui ont lancé cette invitation, quoi de plus louable que d’ouvrir la porte et de tendre librement la main à des personnes dont le témoignage rendu à l’Evangile est de qualité et qui souhaitent pouvoir célébrer dans ce temple.

Pour beaucoup d’autres, également présents ici aujourd’hui, la réaction a été négative, allant d’un pincement au cœur à une colère trouvant son origine non seulement dans l’histoire genevoise mais face à une institution qui n’a toujours pas changé ses fondamentaux en matière de ministère et de sacrements, qui persiste dans sa gouvernance monarchique à refuser le mariage des prêtres, à marginaliser les femmes, à refuser la communion aux divorcés et à tous les non-catholiques, qui tient en suspicion le mouvement lgbt, qui semble incapable de résoudre les problèmes de déviance sexuelle dans son clergé, et qui s’obstine à ne pas nous reconnaître comme Eglise.

Ceux qui ont ouvert les portes ne sont pas des naïfs. Ils ont agi en pleine conscience et en pleine liberté. Ils n’ont pas bradé l’héritage réformé.

 Ceux qui se sont insurgés ne sont pas des rétrogrades qui n’auraient rien compris. Ils ont eux aussi pleine conscience des valeurs de la réforme au point de vue doctrinal et ecclésiologique et leur réaction n’a assurément rien de blâmable.

Et maintenant il faut que ces deux opinions se parlent, s’écoutent, se respectent et découvrent mieux les ressorts de leur position respective. Nous sommes des protestants adultes et nous nous devons bien ce dialogue fraternel pour dépasser nos critiques réciproques qui n’ont, si souvent, rien d’évangélique.

En 1813, dans son livre de l’Allemagne, la plus célèbre écrivaine genevoise, l’étincelante baronne de Staël, née Germaine Necker, écrivait : « Le protestantisme et le catholicisme ne viennent point de ce qu’il y a eu des papes et un Luther, […] le Protestantisme et le catholicisme existent dans le cœur humain, ce sont des puissances morales qui se développent dans les nations, parce qu’elles existent dans chaque homme ». Excellents propos bien propres à lancer le dialogue et à rapidement constater que les points de vue des uns et des autres ne sont pas incompatibles.

Et maintenant nous allons rendre ensemble un culte au Seigneur et nous lever pour invoquer sa présence.

Invocation

Notre secours est dans le nom du Seigneur

Qui a créé les cieux et la terre

Et qui nous sauve par Jésus-Christ

Psaume 9/12

Quand mon serviteur m’appelle, dit le Seigneur, je lui réponds,

Dans la détresse, je suis avec lui.

Je veux le délivrer, le glorifier,

De longs jours je veux le rassasier.

 

Gloire soit au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,

Comme il était au commencement,

Maintenant et toujours

Aux siècles des siècles. Amen

Chant n° 340, 1 – 4

Lecture de la loi

Ecoutez comment Dieu veut être servi !

Je suis le Seigneur ton Dieu qui t’ai délivré de la servitude.

Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face.

Tu ne te feras pas d’idoles pour te prosterner devant elles.

Tu ne prendras pas en vain le nom du Seigneur ton Dieu,

Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier.

Tu ne tueras pas,

Tu ne commettras pas d’adultère,

Tu ne déroberas pas,

Tu ne porteras pas de faux témoignages contre ton prochain.

Tu ne convoiteras pas ce qui est à ton prochain.

 Confession des péchés A p. 27

Nous sommes en présence du Dieu saint. Reconnaissons devant lui que nous sommes pécheurs.

Seigneur Dieu, Père éternel et tout-puissant, Nous reconnaissons et nous confessons devant ta sainte majesté que nous sommes de pauvres pécheurs et que nous transgressons sans cesse tes saints commandements.

Seigneur nous souffrons de t’avoir offensé. Nous nous condamnons, nous et nos péchés, avec une vraie repentance, désirant que ta grâce vienne au secours de notre misère. Aie pitié de nous, Dieu très bon, Père de miséricorde.

En effaçant nos fautes, accorde-nous et nous augmente de jour en jour les grâce de ton Saint-Esprit, afin que nous soyons touchés d’une sincère repentance, qui produise en nous des fruits de justice et de sainteté qui te soient agréables, Par JCNS. Amen

 Chant n° 96

Paroles de grâces A p. 38

Il a plu à Dieu de réconcilier toutes choses avec lui-même par le Christ, en faisant la paix par sa croix.

A toutes celles et tous ceux qui se tournent vers Dieu dans une vraie repentance et cherchent leur salut en JC, au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit, nous déclarons que Dieu accorde maintenant le pardon de leur péché

Chant n° 97

Liturgie de la parole

Prière d’illumination

Seigneur accorde-nous tout au long de ce temps de carême, de progresser dans la connaissance de JC ; que sa vie et son combat soient la force qui soutienne notre existence pour que nous marchions vers sa lumière, vers lui qui est vivant et qui règne pour les siècles de siècles. Par ton Esprit prépare nos esprits et nos cœurs à recevoir ta parole afin qu’elle porte des fruits comme dans une terre bien préparée. Par JCNS Amen

Romains 8, 31-39

Chant n° 284, 1-4

Prédication

« Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? Personne car c’est Dieu qui les déclare non coupables ! Rien ne pourra jamais nous séparer de l’amour que Dieu nous a manifesté en JCNS »

Avec beaucoup de sagesse, les chrétiens de la jeune Eglise, dans l’antiquité, ont réservé deux périodes de l’année pour approfondir leur foi : les 4 semaines précédant Noël, l’Avent, pour méditer sur le sens de la venue de Jésus parmi nous, et les 40 jours qui nous séparent de vendredi saint et de Pâques, - le carême – pour nous approprier le sens de la croix et de la résurrection. Quel texte plus approprié en ce premier jour de carême que cet hymne superbe de Paul, clamant l’amour de Dieu pour tous et toutes.

Paul parle en notre nom quand il demande de manière théâtrale :  qui nous accusera, qui nous condamnera ? A l’époque, chacun était persuadé qu’il y avait un accusateur qui rôdait – Satan, le démon – pour instiller le doute dans les cœurs et les séparer de Dieu. Nous savons aujourd’hui que c’est nous-mêmes qui nous accusons, qui nous condamnons, c’est cette petite voix qui me dit : je ne suis pas bon, je suis méprisable et je ne vaux rien. Mais davantage que ces doutes, ces remords, cette impossible quête de perfection qui nous rongent, ce sont les réponses qui importent.

Qui nous accusera ? Personne ! car Dieu nous juge non coupables. Qui nous condamnera ? Personne ! car c’est Dieu lui-même qui charge son Fils d’assumer cette malédiction à laquelle la petite voix en nous ouvre la porte et qui le charge de nous en délivrer. Luther a cette formule magnifique : « il s’est chargé de la malédiction sur la croix pour nous offrir la bénédiction au matin de Pâques ».

Si Dieu est pour nous, qui peut être contre nous ? En tout cas pas nous-mêmes ! S’il a donné son fils, ne nous donnera-t-il pas tout, ajoute Paul. Pour se faire une idée de ce que signifie « tout », pensons au fils prodigue, cette petite crapule qui, devenu une loque revient chez son père en tremblant à l’idée d’un châtiment bien mérité, et qui à sa surprise se voit reçu à bras ouverts, soigné, habillé de neuf et, pour couronner le tout, honoré d’un somptueux banquet au menu duquel trône le mets le plus succulent : le précieux veau gras. « Il nous donnera » tout signifie que Dieu a un veau gras pour chacune et chacun d’entre nous !

Mais Paul n’est pas un homme qui a réfléchi à la beauté de l’amour de Dieu dans la quiétude de son bureau. Il l’a expérimentée au travers des circonstances d’une vie dure. Les malheurs qu’il énumère ne sont pas seulement un catalogue d’horreur : c’est le compte-rendu d’un vécu : la souffrance physique, la persécution, la faim, la pauvreté, le danger, le glaive, le tout accompagné par l’angoisse.

Ce qui peut nous séparer de Dieu, ce n’est pas seulement cette petite voix qui veut nous convaincre de notre nullité, ce sont aussi des circonstances très éprouvantes dont beaucoup d’entre nous ont connu les affres : la maladie, le deuil d’un être cher, la pauvreté, la persécution, peur du lendemain, autant d’angoisses réelles vécues dans nos chairs, dans nos cœurs et dans nos esprits. Ces épreuves vont-elles nous séparer de l’amour de Dieu. Péremptoire, l’apôtre assène : « En tout cela nous remportons la plus complète victoire par celui qui nous a aimés ». Il veut dire par là : Dieu ne nous abandonne pas ; même dans les pires situations, nous ne sommes jamais seuls. Chaque fois que l’angoisse pointe son nez, sachons que Dieu la tient en échec.

Enfin, il y a les circonstances ambiantes dans lesquelles nous sommes plongés au jour le jour et qui peuvent avoir raison de notre foi en l’amour de Dieu. Paul les énumère selon les catégories de son temps : puissances célestes, signes astrologiques, forces d’en haut et d’en bas, anges ou démons, toutes sortes de choses qui peuvent se traduire aujourd’hui dans tout ce qui altère nos vécus : un monde trépidant, anxiogène, violent, gorgé de nouvelles plus ou moins vraies, de rumeurs de complots, de vraies catastrophes aussi. Et que dit Paul face à ces perspectives monstrueuses : « Rien ne pourra jamais nous séparer de l’amour que Dieu nous a manifesté en Jésus- Christ notre Seigneur ». Non les méchants et les avides ne sont pas les maîtres du monde, non leurs petites et grandes manipulations n’auront pas raison de notre liberté, car nous vivons de cet amour dont Dieu nous a aimés le premier. Cet amour, il redresse, il dit à qui nous ment, à qui grignote notre liberté, à qui propage la violence : Assez, Stop, vous n’êtes rien face à la fidélité de Dieu qui n’abandonne jamais les siens.

Il y a décidément beaucoup d’éléments qui sont à l’œuvre pour nous séparer de Dieu : d’abord nous-mêmes, rongés par la culpabilité, ensuite les épreuves dont nos vies sont jalonnées, enfin le monde actuel qui, dans son arrogance, a acté la disparition définitive de Dieu.

Et face à cela, cette assurance que, pour chacune et chacune de nous, rien ne nous séparera jamais de l’amour manifesté en Christ, qu’en Dieu l’abondance d’amour est telle que nous y avons tous notre place. Elle ne demande qu’une chose : être reçue dans nos cœurs et nos esprits où elle remplacera la voix débilitante de nos remords et de nos faiblesses en nous assurant : toi, tel et tel, je t’aime, je t’aide, je suis là pour toi et je te rends vainqueur.

 Depuis la réforme qui, au 16e siècle, l’a redécouvert dans les Ecritures, c’est ce Dieu que nous annonçons, un Dieu qui ne réclame pas des indulgences ni la soumission à une institution pour nous donner sans compter la grâce.  

Nous n’avons certainement pas le monopole de cette compréhension de l’Evangile, mais il y a sans doute là la marque de fabrique de notre foi. Que Dieu bénisse ce témoignage et permette qu’il continue à être porté dans ces murs et ailleurs pendant les 500 prochaines années ! Amen.

Interlude : Bach Ein feste Burg ist unser Gott. BWV 720.

prière d’intercession

Chant n° 285, 1-3 Offrande

Liturgie de Cène

Mémento

Que la paix soit avec nous tous !

Pardonnons-nous mutuellement comme Dieu nous a pardonnée en JC

Prions encore le Seigneur :

Groupés en frères et sœurs autour de cette table, Seigneur, nous te prions les uns pour les autres et nous nous souvenons de toutes celles et tous ceux qui nous tiennent à cœur au près et au loin.

Nous faisons mémoire devant toi de celles et ceux des nôtres qui se sont endormis dans la foi en tes promesses de résurrection pour la vie éternelle.

Unis en toi dans la communion de tous les croyants, nous nous souvenons aussi de tes témoins de tous les temps, prophètes, apôtres, martyrs qui t’ont glorifié sur terre.

Souviens-toi Seigneur de délivrer ton Eglise de tout mal et de la faire grandir dans ton amour. Et de tous les points de l’horizon, rassemble-là enfin sanctifiée dans le royaume que tu as préparé pour elle par ta puissance et à ta gloire. Amen

Préface- Sanctus

Il est vraiment juste et digne de t’adorer et de te rendre grâces, Père Saint, par le Christ, notre Seigneur, pour la délivrance que tu as accomplie pour nous par ton Fils.

Il s’est revêtu de notre humanité et a demeuré parmi nous. Il a partagé les misères de notre vie d’hommes et de femmes et quand son heure fut venue, il s’est avancé vers la croix pour abattre le mur de séparation entre toi, le Dieu saint, et nous autres, hommes et femmes pécheurs et pour nous délivrer de la malédiction

C’est pourquoi avec les anges et les témoins qui nous ont précédés, nous proclamons ta gloire en chantant d’une seule voix :  Saint, saint, saint, est le Seigneur, le Dieu de l’Univers, les cieux et la terre sont remplis de sa gloire

Sanctus 357, 2

Institution

Le Seigneur Jésus dans la nuit où il fut livré, prit du pain, et après avoir rendu grâces, le rompit, le donna à ses disciples et dit :

Prenez, mangez.

Ceci est mon corps qui est donné pour vous

Faites ceci en mémoire de moi

De même après le souper, il prit la coupe, la leur donna et dit :

Ceci est mon sang, le sang de l’alliance nouvelle,

Répandu pour vous, en rémission des péchés,

Faites ceci en mémoire de moi

En vérité je vous le déclare, je ne boirai plus de ce fruit de la vigne jusqu’au jour où je le boirai nouveau avec vous dans le royaume de Dieu

Epiclèse

Seigneur, envoie sur nous ton saint Esprit pour qu’en recevant ce pain et ce vin nous puissions communier au corps et au sang de ton Fils.

Amen

Notre Père

Notre Père qui es aux cieux,

Que ton nom soit sanctifié

Que ton règne vienne

Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.

Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés

Et nous ne laisse pas entrer en tentation

Mais délivre-nous du mal

Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire aux siècles des siècles

Amen

Fraction

Le pain que nous rompons est la communion au corps de Notre Seigneur Jésus-Christ

La coupe de bénédiction pour laquelle nous rendons grâce est la communion au sang de notre Seigneur Jésus Christ

Prière

Seigneur, je ne suis pas digne de ramasser les miettes qui tombent de ta table,

Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres chez moi

Mais tu as dit : je ne mettrai pas dehors celui vient à moi.

Amen

Communion

Le Seigneur dit : Venez à moi vous tous qui êtes travaillés et chargés, et je vous soulagerai.

Venez et goûtez combien le Seigneur est bon.

Venez car tout est prêt.

Prière

Seigneur Dieu, nous te rendons grâce de nous avoir accueilli à cette table et de nous avoir donné le pain de ton royaume. Fais-nous vivre de l’amour que cette communion confirme en nous et qu’ainsi nous demeurions en toi et toi en nous.

Par Jésus-Christ notre Seigneur Amen

Chant n° 318, 1, 2, 3

Annonces

Remerciements à Vincent Thévenaz

Bénédiction

Que la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence garde vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus

Que dieu tout puissant et miséricordieux, vous bénisse et vous protège, le Père, le Fils et le Saint-Esprit

Amen

Postlude Bach fugue en mi bémol BWV 552

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