Actes 8, 25-40
10:00| | Prédications | Emmanuel Fuchs

Actes 8, 25-40

Audio culte du 13 janvier 2019

Culte de baptême et confirmation Romain Aellen et Anna Braun

Bon j’avoue se faire comparer à un eunuque n’est pas forcément la comparaison la plus  agréable et pourtant, ce texte nous est apparu dans la préparation de ce culte assez vite comme une évidence tant nous avons pu trouver de points communs entre cette histoire et notre parcours. Je dis volontairement « notre » car si Anna et Romain vous avez fait du chemin durant ces mois de préparation, Laurent et moi en avons fait aussi avec vous, grâce à vous….

Mais reprenons cette histoire, finalement une histoire de bla-bla car des temps anciens comme quoi les histoires de la Bible sont plus modernes qu’on imagine souvent !

L’eunuque est un homme instruit, il a visiblement de hautes responsabilités. Il a réussi une brillante carrière et pourtant au fond de lui, il y a comme une insatisfaction ou plutôt pour le dire positivement une saine curiosité. Il cherche, il s’intéresse, il a soif de sens. Il recherche une forme de profondeur à sa vie. Sa curiosité l’incite à lire un rouleau du prophète Esaïe ; mais comme on en a tous fait l’expérience : lire seul la Bible n’est pas chose aisée. Malgré sa culture et le sentiment profond qui l’habite que cette Parole a quelque chose à lui dire, il ne comprend pas ce qu’il lit. Il a besoin de quelqu’un sur son chemin. Il a besoin d’un guide. Et n’est-ce pas exactement ce qui vous a encouragé à entreprendre ce parcours de caté ? Une certaine forme de curiosité, une soif de sens… mais comme tu le disais Anna si on n’avait pas fait le caté, si on était resté seul, on serait passé à côté de quelque chose. On a besoin de quelqu’un sur notre route. Cette histoire est une histoire de rencontre au bord de la route, du chemin, mais c’est surtout une histoire de cheminement et autant l’eunuque que Philippe vont être appelés à faire du chemin.

Dans cette histoire ce qui est magnifique c’est ce que fait le Seigneur. Il ne convertit pas l’eunuque à coup de miracles extraordinaires, il ne donne pas des pouvoirs magiques à Philippe. Que fait le Seigneur ? Il provoque la rencontre ; il fait en sorte que le chemin de l’eunuque et de Philippe se croisent, que la rencontre ait lieu. Et ça j’aime comme image du Seigneur. Non pas un Dieu qui tire toutes les ficelles, mais un Dieu qui place sur notre route les personnes dont nous avons besoin.

Philippe doit accepter de se laisser sortir de sa zone de confort quand il est appelé par le Seigneur pour aller en plein désert… et si la démarche de l’eunuque peut s’approcher du cheminement spirituel que vous avez fait, je me sens parfois assez proche de Philippe. Constituer un groupe de caté, c’est toujours une aventure, c’est un peu comme Philippe partir en plein désert sans savoir qui on va rencontrer, mais croire que c’est le Seigneur qui nous conduit et qui va provoquer la rencontre. Et je crois que notre histoire fut aussi une histoire de belle rencontre…

En relisant ensemble attentivement ce texte, une chose qui nous a frappés c’est que lorsque l’eunuque avoue ne pas comprendre ce qu’il lit, Philippe ne part pas dans une longue explication, mais « partant de ce texte lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus ». Partant de ce texte, c’est-à-dire en s’appuyant sur la Bible, Philippe lui parle de Jésus-Christ, lui témoigne de sa foi. Et je crois que c’est bien cela exactement la démarche du caté, partir de la Bible mais pas pour faire de savantes explications, mais pour témoigner de notre foi. Et probablement un des moments clefs de notre parcours c’est Anna quand tu as pu dire « au début du caté, on est là pour apprendre et finalement on doit se rendre compte que c’est à un autre niveau que ça joue »

Alors oui, il y a des choses à expliquer et à apprendre dans une démarche de foi et notre raison ne doit jamais être au repos, car il n’y a rien de plus dangereux qu’une démarche spirituelle qui n’associe pas la raison. Mais comprendre ne suffit pas, il faut à un moment accepter de se laisser toucher… ou pour reprendre l’image du texte de se laisser rejoindre dans notre parcours de vie, peut-être par des personnes très humaines…. mais qui témoignent de cette dimension plus profonde de la vie. Finalement si nous sommes croyants, ce n’est pas d’abord parce que nous avons fait de longues études, mais bien parce que le Seigneur a mis sur notre route à un moment ou à un autre des personnes qui nous ont donné envie de croire.

            Mais peut-être que ce qui nous a le plus touché dans ce texte, c’est la question que l’eunuque finit par poser à Philippe…non pas vous l’aurez remarqué : « qu’est que je dois faire pour demander le baptême ? » mais bien « voilà de l’eau, qu’est-ce qui m’empêche que je reçoive le baptême ? » Question peut-être un peu malicieuse qui oblige Philippe à reconnaître que rien ne peut s’opposer à ce que l’eunuque, pourtant étranger, de passage, à peine converti….reçoive le baptême.

Cela témoigne de cette générosité débordante de Dieu qui nous retrouve toujours là où nous sommes et nous accueille tels que nous sommes. En relisant le texte de près, on a constaté que dans certaines versions plus tardives, on a rajouté un verset à ce texte, à savoir la réponse de Philippe « si tu crois de tout cœur, c’est permis »… Mais précisément c’est beau de voir que dans le texte original cette réponse est absente, ce qui laisse encore davantage de liberté et de facilité d’accès à Dieu.

Non aujourd’hui rien n’empêche que vous receviez le baptême, que vous confirmiez votre baptême car au fond de vous il y a ce profond désir. Désirer croire, c’est le mouvement le plus important de la foi. Le Dieu auquel nous croyons, le Dieu de Jésus-Christ est un Dieu qui accueille chacune et chacun, sans condition, les bras ouverts avec joie ; cette joie profonde que l’eunuque a ressenti quand il s’est senti accueilli, reconnu, bref : aimé tout simplement.

Avec Emma en 1ère année puis avec Laurent, je suis heureux d’avoir pu monter un instant dans votre blabla car pour vous accompagner dans votre chemin de foi et comme Philippe après le baptême disparaît de la vue de l’eunuque, nous ne sommes pas appelés à demeurer indispensables pour vous. Le guide n’est pas un gourou. Si ce dernier fait tout pour que les autres soient dépendants de lui, le guide fait au contraire tout pour que ceux qu’il accompagne pour un temps s’affranchissent de lui. Cette histoire d’Actes 8 est vraiment magnifique ; elle se termine par le départ de Philippe, appelé par le Seigneur à poursuivre son témoignage auprès d’autres personnes alors que l’eunuque s’en retourne chez lui tout heureux retrouver sa vie ordinaire. Non seulement il est tout heureux mais il est désormais appelé à son tour à devenir le Philippe de ceux que le Seigneur mettra sur son chemin dans sa vie de tous les jours. Dorénavant, même s’il n’a certainement pas tout compris et que sa foi reste fragile, c’est lui qui est appelé à témoigner.

Anna et Romain vous nous avez donné beaucoup de joie et je suis heureux si le Seigneur m’a ainsi mis sur votre route ; mais je suis surtout reconnaissant du chemin en profondeur que vous avez pu faire pour découvrir au fond de vous, même si tant de questions restent ouvertes, cette confiance que le Seigneur vous aime et qu’il est Celui qui toujours et encore avec fidélité vous accompagnera. Allez avec cette confiance que rien ne pourra jamais vous priver de cet amour. La foi, comme le constate l’eunuque ça apparaît au début comme quelque chose de compliqué, d’étranger, mais finalement c’est tout simple : est-ce que je suis prêt à me laisser aimer, à me laisser rejoindre par plus grand que moi ? Si j’ai ce désir tout le reste ne devient que détails.   Amen

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